Il y
a trois sources connues depuis toujours autour du village de Ligny
le Châtel :
- la source du Crot-Mourlon ( dite aussi Croix Mallet)
- la source de Méré sur l'Eau
- la source du Moulin des Fées.
(voir
plan de situation des sources)
La source du Moulin des Fées :
C'est la source la plus importante. Elle est connue et utilisée
depuis fort longtemps . Il est probable qu'elle l'était même au
temps préhistoriques. Des fouilles archéologiques ont démontré l'existence
de sépultures mérovingiennes à ses abords et les historiens
sont d'accord sur le fait que c'est autour d'elle que s'est
développé Ligny la Ville (le Ligny le Châtel originel).
Aujourd'hui, la source du Moulin des Fées est le captage fournissant
l'eau potable aux communes de Ligny
le Châtel, Pontigny, Maligny, La Chapelle Vaupelteigne, Lignorelles,
Villy et Fontenay près Chablis.
Des analyses récentes ont, hélas, montré un pourcetage de nitrates
inquiétant.
Comme son nom mystérieux le laisse espérer, cette source a donné
naissance à nombre
de légendes colportées par la tradition orale populaire.
La source de Méré sur l'Eau
Quand on a passe le pont
des Planches, à l'ouest de Ligny, et qu'on suit Ia vieille voie
d'Auxerre, maintenant rajeunie, on aperçoit sur la droite, à
l'entrée du chemin de Pontigny par le Beugnon, une fontaine
limpide et abondante, qui s'écliappe d'une côte de vignes déjà
en renommée il y a plus de six cents ans. Les traditions du pays
lui ont conservé le nom de Fontaine de Méré-sur-
l'eau. Là, existait jadis la villa Meriaci-super-aquam,
le village de Méré-sur-l’eau, dont il ne reste plus de vestiges.
Il en est fait mention pour la première fois dans une charte de
1230 : Simon, archidiacre de Tonnerre, atteste que Renaud Godard
de Ligny, guidé par de pieuses intentions, a assigné a l'ég1ise
Notre-Dame de Pontigny deux sols et deux livres de cire à
prendre sur les censives de la lamme de Boy, et huit bichets
d’avoine et trente-deux deniers sur les ouches de Méré : la
sacristain touchera ce revenu chaque année le jour de
Saint—Rémi, pour l'entretien du maitre-autel.
La transaction de 1263 apaise un différend survenu à propos du
chemin qui, de Méré-sur-l'Eau, se dirige vers le Beugnon, de
via quoe protenditur a Meriaco-super-aquam per ante Buignionem.
Au mois d'avril de la même année, Guy du Mez, Bailli d'Auxerre,
donne à l'abbaye de Pontigny, pour fonder son anniversaire et
celui de défunte Ermengarde sa femme, vingt sols de revenu
annuel sur son four de Méré-sur-l’eau. L'année suivante,
donation dans le même but de cinq deniers de cens sur une partie
de la lamme du pâtis de Méré, par Jean de Ligny. Parmi les
nouvelles acquisitions de l'abbaye, approuvées par la charte en
vieux langage de la reine de Sicile, figurent " seisante
sols de menu cens et de coustumes portanz los et ventes a
Méré-sus-l’iau" : ainsi prononce-t-on encore ce nom
aujourd'hui dans le patois local.
En 1316, Perrette, femme de Guillemin de Breuil, demeurant a
Méré, cède aux religieux la
quatrième partie du four banal de Venouze, moyennant une rente
viagère de vingt-et-une miches de
pain. Le pont des Planches est appelé pont de Méré dans un
terrier de 1520, mais alors le village
avait disparu, ruiné, comme on le croit, par les guerres des
Anglais. La métairie Bon-Malaquin en
signalait l'emplacement au siècle demier, elle a disparu
également: la fontaine de Méré-sur-l'eau
demeure seule gardienne des souvenirs d'un autre âge...
(D'après le R. P. CORNAT dans l'Histoire de la ville de
Ligny-le-Châtel en 1864).
La source
de Méré-sur-l'Eau coule toujours mais le coffre de pierre qui
l'entourait s'était, au fil du temps, malgré une première
restauration dans les années 80, peu à peu dégradé. En septembre
2010, les Amis du Patrimoine ont entrepris de récupérer les pierres
écroulées de la vieille maçonnerie et de la reconstruire à
l'identique.
(voir l'article de l'Yonne Républicaine)
La source du Crot-Mourlon
Recensée des 1674 par l’abbé Cornat dans son livre sur
Ligny-le-Chétel, Ia fon taine du Crot Mourlon, située au lieu-dit
<< Les sables », en bordure du chemin autrefois appelé de Ia
Croix Mallet ou Chemin du four qui reliait
Ligny et Les Prés-du-Bois, avait presque entiérement disparu.
Comme elle n’était plus utilisée pour arroser les jardins proches,
personne ne se souciait d’eIle. Pourtant, à une époque pas si
lointaine, elle avait rendu de grands services, comme l’explique
Thierry Pierron, un des
adhérents de l'association des Amis du patrimoine. "Quand j’étais
petit, on tirait de l’eau avec le pére, comme beaucoup d’autres
propriétaires de jardins proches. Mais depuis une trentaine
d’années, la fontaine n’était plus utilisée et aurait sans doute
disparu du paysage et du patrimoine linéen et également des
mémoires".
Tout au plus, quelques usagers du chemin prés duquel elle se trouve
s'étonnaient de s’embourber à un endroit précis alors que, le chemin
s’étant déplacé au fil des ans, ils passaient tout simplement sur la
source ou tout au moins tout prés d'elle sans la voir.
En 2009, les ADP décidèrent donc de réhabiliter cette source en
commençant par un défrichage important puis en reconstruisant,
pierre à pierre, le bassin et la maçonnerie qui l'entourait.
L'importance des travaux nécessita l'emploi d'engins lourds de
terrassement. (voir l'Yonne Républicaine)
Les opérations en détails dans le diaporama ci-dessous :
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